Mug shots n°2 – Les larmes dans le mug

Probablement le mug que je préfère de toute ma collection

(Le texte qui suit est une suite de ces vieux drabbles qui sont eux-mêmes la suite de celui-ci)

Les flocons de neige exécutaient une danse complexe derrière ses carreaux mais Lilou ne les voyait pas. À vrai dire, elle ne voyait plus grand-chose depuis qu’elle avait reçu le coup de téléphone de la mère de Marcy, quelques jours auparavant. Elle ne voyait plus, n’entendait plus, ne ressentait plus rien depuis que Marcy n’était plus là. Un immense gouffre avait pris la place de son cœur meurtri.
Elle ne savait pas comment elle avait fait se rendre au cimetière et en revenir ; elle ne se souvenait plus de la cérémonie. Y était-elle seulement allée ou avait-elle passé la journée sur son lit – leur lit – les mains crispées autour du mug de thé, vide depuis longtemps, dans lequel ses larmes tombaient et s’amassaient.
C’était Marcy qui lui avait offert ce mug ;  un de ces petits cadeaux sans occasion, juste pour faire plaisir, pour faire rire Lilou. C’est une blague idiote, vraiment. Lilou avait coutume de dire qu’avant de la rencontrer, elle attendait son prince Charmant mais qu’à la place d’un Monsieur Darcy, elle avait trouvé sa Madame Marcy. Le mug, c’était un rappel de cette petite blague ; un gentleman, style Darcy, mais avec « Madame » écrit à l’intérieur.
Lilou avait refusé de l’utiliser, par peur de l’abîmer, de la casser par mégarde. Mais depuis que Marcy n’était plus là, elle avait besoin de quelque chose à quoi se raccrocher ; un petit quelque chose qui la relierait à Marcy. Elle s’était alors entourée des photos de la jeune femme, des dessins réalisés par celle-ci mais ça n’était pas suffisant ; elle avait alors aperçu le mug sur une étagère.

Les flocons continuaient leur danse, ses larmes continuaient à tomber dans le mug et Lilou ne remarquait toujours rien. N’entendait toujours rien. Pas même Joni Mitchell qui chantait la même chanson depuis des heures. Marcy était partie, l’avait abandonnée, la laissant seule. À nouveau seule dans un monde sans couleur, sans chaleur. Son rayon de soleil s’était éteint, Lilou avait froid et son monde était plongé dans les ténèbres.

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Semer des graines d'arc-en-ciel

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