Blogging U: Intro to poetry – jour 2

Thème du jour : visage. Avec en option : allitération. (et toujours, en vers libres)

*

Le rideau sale de ses cheveux cinabre dissimulait son visage
et les taches de rousseur dont il était parsemé.
J’espérais apercevoir, ne serait-ce qu’une seconde,
ses yeux absinthe, si éblouissants.
Je souhaitais savourer à la source de ses lèvres,
son rire cristallin qui s’envolait quand elle dansait dans l’air sucré de l’été.
Je surveillais l’apparition furtive, entre deux mèches garance,
de son sourire si souvent, trop souvent, triste.

Mais je savais que c’était impossible.
Plus jamais ses yeux ne s’ouvriraient.
Plus jamais son rire ne sonnerait.
Plus jamais ses lèvres ne souriraient.
Plus jamais elle ne danserait.
Son corps sans vie, cassé, ensanglanté,
gisait sur les pavés glissants de la grand-place,
une seule fleur de capucine, sur son sein.

C’était lui, le saigneur de Saint-Cyr !
Souvenirs sanglants, sensation de sombrer,
scène tout droit sortie du passé,
sueurs froides,
silence assourdissant.
Et quand je l’aperçus soudain,
assis près de la passerelle, souriant,
mes genoux s’écorchèrent sur le sol de la place.

C’était la fin.
Il m’avait retrouvé après toutes ces années ;
l’assassin de ma sœur, mon ancien amant, savait où j’étais
et le corps sans vie de ma petite danseuse
et les cinq pétales de la capucine
ne signifiaient qu’une seule chose :
c’était mon tour,
et cette fois, il n’allait pas me laisser me sauver.

Blogging U: Intro to poetry – jour 1

Le thème du jour : l’eau. En option, écrire sous forme d’haïku ou de tanka. Mais je préfère opter pour des vers libres.
(sinon, je suis malade comme un chien depuis cinq jours et j’en ai plus que marre)

*

Les paillettes humides glissent sur les flammes de sa chevelure,
caressent l’albâtre de ses joues,
frôlent la soie de sa peau,
dévalent la vallée de ses seins de madone où je les cueille d’un baiser.

Gouttes de lumière sélénique,
poussière d’étoiles liquides,
qui s’abattent avec tendresse sur mon aimée,
mon amante de fée.

Sous le nuage du lait répandu d’Héra,
ma déesse, ma reine,
lavée par les pleurs des cieux et mes baisers,
s’arc-boute, quitte le sol.

Les yeux de jade de ma potamide,
voilés de plaisir, ourlés de diamants aqueux,
papillonnent quand elle retrouve la terre ferme et détrempée
des bois où nous nous sommes rencontrées et aimées.

#JeudiPoésie

Souviens-toi quand nous filions avec le vent,
Nos ailes d’enfants nous portaient au lointain.
L’insouciance et l’envie : notre lot quotidien.
Qu’il était beau le temps où nous rêvions en grand !

Chaque grain de poussière avait son importance.
La pluie et sa musique, le soleil et ses ombres,
Qu’il fasse beau ou vente, nous riions tous ensemble.
Que j’aime à me souvenir de ma très chère enfance !

Chaque jour nous jouions sur cette balançoire.
Telle la promesse d’une jeunesse éternelle
Nous nous y retrouvions pour prier chaque soir.
Notre enfance est perdue, mais reviens t’y asseoir…

#JeudiPoésie

Un vieux poème écrit en 2009/2010.

Circé, l’enchanteresse, face à toi,
Fait pâle figure.
Tes charmes et ta tournure
Suffisent à éclipser
La plus belle des filles de rois.
Nul besoin de philtres ou de potions
Pour déclencher la passion de mon coeur.

Et le chant des Sirènes
N’est que bruit et tapage
Quand ta voix égale celle de Melpomène.
Ulysse lui-même, n’aurait pu – ni voulu –
Se soustraire à cette musique fatale.
Une seule note chantée par toi
Me transporte au Paradis.

Tel Tantale aspirant après eau et pitance,
Je souffre de ne pouvoir goûter et tes lèvres, et ta peau.
Suppliciée par ce désir que je ne peux assouvir,
J’attends une délivrance que tu me refuses ;
Alors, jour après jour,
Je souffre en silence, tentant en vain
D’oublier ta présence, si près, trop près.

L’outre d’Eole à la ceinture,
JE tente de m’éloigner de toi.
De toi et de ton attraction irrésistible.
Mais la cordelette se desserre
Et Zéphyr s’échappe pour me ramener près de toi.
J’ai beau ramer à contresens,
Le courant est trop fort et je ne peux lutter.

Revenue à tes côtés, ma fée,
J’implore et te supplie de me laisser m’en aller.
Et si tu me refuses cette faveur,
Alors accepte d’être mienne
Car je ne pourrais survivre sans pouvoir t’enlacer.
Et bientôt, je le jure, tu seras à moi.
Pour nuit et pour toutes celles à venir.
Toi, mon insaisissable Artémis.

Pas le courage d’écrire aujourd’hui encore. Donc, juste un poème.

PARIS de Louis ARAGON

Où fait-il bon même au cœur de l’orage
Où fait-il clair même au cœur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant dans sa braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est si fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le cœur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

[Writing 101] Let social media inspire you (only in French)

(bon, j’ai pas *vraiment* respecter la consigne, mais ça me plaisait pas, ce sujet, et j’avais pas envie de le faire, d’façon)

C’est tragique, Arthur Rimbaud est mort et ils n’en ont même pas parlé à la télé ; je l’ai appris par Twitter. Comment ça, tout le monde était déjà au courant ? Ça fait 124 ans et tout le monde est DÉJÀ au courant ; les informations circulent vite, dîtes donc.

Bon, ok, c’est pas un scoop, Tutur est mort, amputé de la jambe, à Marseille. C’est triste pour lui. Mais au moins, il nous aura laissé de superbes poèmes ; et ça, c’est un peu le meilleur truc qu’il ait fait (du trafic d’armes, sérieux, Arthur ? Vilain garçon, va !).
J’aime beaucoup la poésie de de Rimbaud, mais bon, c’est pas Baudelaire (Charlie pour les intimes)(mais ce dernier a grandement influencé notre petit Tutur). Ce qui n’empêche pas que ces poèmes soient tous plus beaux les uns que les autres (sauf ceux qui ne le sont pas, comme dirait Monsieur de la Palisse).
Pour fêter (ou commémorer, plutôt ; on va pas faire la teuf genre « Youpi, il a crevé ! », non plus) la mort de Tutur, un petit poème de celui-ci. Ne sachant lequel choisir, j’ai jugé qu’il était mieux de prendre un des plus connus (sinon, j’allais passer quinze jours pour en choisir un)(et dans quinze jours, ça serait trop tard) et j’ai beaucoup hésité entre celui que je vais poster à la suite et « Le Dormeur du Val » (que j’adore, hein, mais c’est un peu celui qu’on retrouve le plus partout), donc ça sera :

Ma bohème

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

(oh, z’avez vu, le lien court du tweet est en « paill » comme Paillette ! C’est magique !)

Nuit d’insomnie

Sommeil qui fuiiiiit
La nuit qui rihihihi
La nuit mon lit
Je lis au lit
Quand la lune luit
Mon lit qui plie
Monstre tapi
Au pied du lit
La nuit la pluie
Étrange bruit
Silence qui CRIE
Temps qui                  s’enfuit
Nuit d’insomnie
Peur de mon lit
Douze mille brebis
S a u t e n t   sur mon lit
Secondes-fourmis
Minutes-souris
Ombre de momie
Face à mon lit
Qui CRIE
Qui rihihihi
Qui fuiiiiit
Qui luit
Qui plie
S’                      enfuit
Brebis
Brebis
Brebis
Brebis
Brebis

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